NAD RE-DÉBLOG

du fouillis plein la tête

02 août 2007

rouge

J’aurai toujours en moi, je crois, le moment où mon regard est tombé dans l’exacte perpective du tien qui m’attendait. Ton envie de moi, immédiate et vivante, comme une extension de toi.

Avant même le début de l’ébauche de quelque chose qui ressemblerait à une histoire d’amour, tu es entré en moi. Avec, au milieu de nous, cette épouvantable équivoque, ce désir posé comme un roc lourd et pesant, ce désir qui envahissait tout, nous étouffait de sa masse.

Tu m’as embrassée sur la veinule folle de toi, la veinule de la vie. Notre histoire n’était que la géographie de nos corps, un pétillement de ma peau touchée par tes mains. Enivrée j’avais du mal à former des phrases cohérentes, mais les phrases bien souvent restaient en suspens, le timbre de ta voix changeait de tessiture, ton rire me restait, et l’odeur de ton corps, incomparable, comme une nourriture qui m’envoyait des étoiles plein la tête.

La nasse s’est resserrée, inéluctable. C’était fatal, il aurait fallu une volonté de fou pour empêcher quoi que ce soit d’arriver,

et puis je ne savais pas à ce moment là que tu étais marié.

Ensuite, m’est venu le manque de toi.

Il montait, me déchirait, et mes larmes m’enivraient comme le bon vin un jour de fête. Je ne voulais me souvenir que de tes mains, de ton souffle sur ma peau comme une vague étrangère.

Pourtant les paroles tu les avais dites.

Jamais tu ne la quitteras.

Jamais. Mot terrible.

Et ces mots - tes mots - m’avaient tuée plus sûrement qu’une blessure.

Mais j’étais aveugle. Aveugle et sourde. Et cette femme de ta vie qui existe de toute éternité, ta femme, je ne voulais même pas l’imaginer. Ainsi, peut-être finirait-elle par se dissoudre ?

Et donc je me taisais.

Chez moi, m’était venue l’idée incongrue de recouvrir les sols de tapis. J’en avais mis partout. Des tapis rouges, épais et moelleux, et un cahier, rouge aussi, pour y poser les traces de toi. J’avais acheté une lampe en pâte de verre qui faisait une ambiance chaude quand je l‘allumais la nuit parce que ton absence me réveillait. Non, pauvre sotte, non, il ne viendra pas !

Et je me roulais en boule sur mes tapis, comme un petit chat, blottie dans l’utérus rouge que je m’étais fait.

A longueur du jour je fuyais mes élans, mes colères, mes envies.

A longueur du jour je censurais ton corps.

A cette période, j’avais un Ami. "n'y vas pas "disait-il, "n'y vas pas, Vallis. Reconnais qu’il faut que tu l’oublies. C’est la seule solution. Jamais plus tu ne seras ouverte, jamais plus tu ne seras disponible tant que cette monstruosité en toi sera intacte. On est si peu libre quand on pleure après un désir mort, à téter le lait amer du 'jamais' ."

Et puis une nuit, je me suis lovée contre cet ami, m’emboîtant contre la douce intimité de sa peau. Il a été le seul homme dans ma vie avec qui j’ai pu dormir collée, jambes mêlées sans gêne, dans une entente des corps d’une qualité si particulière, au-delà des mots, au-delà de l’amitié même.

Sur le moment j’ai cru que c’était mal.

Mais j’ai compris beaucoup plus tard que c’est en se coulant dans le manque qu’avait creusé ton absence, en la remplissant, en épousant mes contours comme un bateau mère, qu’il m’avait soignée de toi.

Posté par AMBRENEIGE à 01:28 - F. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 février 2007

parce que c'était lui, parce que c'était moi

je n’ai jamais oublié tes yeux comme des étoiles brunes

quand je pense à toi, j’ai envie d’écrire ton prénom,

j’aimais tellement le prononcer, t’appeler, le crier, délirer,

tu aimais tellement çà aussi, est-ce que tu t‘en rappelles ?

je n’ai jamais oublié notre première rencontre, le feeling immédiat,

un coup de foudre sans coup de foudre, une évidence sans équivoque,

on voudrait expliquer mais çà ne s’explique pas

« parce que c’était toi, parce que c’était moi ? »

et puis mes confidences confidences confidences... Comment t’as fait pour m’écouter autant ? Comment t’as fait pour jamais te lasser, pour jamais me lâcher ? Je t’appelais le jour, je t’appelais la nuit, tu trouvais les mots rien que pour moi, et tes mots comme des bras me serraient sur ton cœur.

je m’en voulais souvent, à cause de ta femme.

tu éclatais de rire, « pas de problème, mon cœur est assez grand, serrez-vous un peu là-dedans ! »

tu me parlais en douceur majuscule, t’entendre me manque tellement,

où sont tes paroles comme une terre où aller ?

comment on a fait pour s’aimer sans s’aimer ?

comment réussit-on une histoire d’amitié ?

j’ai jamais oublié tes gestes

doux comme des poignées d’amour

tu avais tant de mains

pour dire que tu étais là

j’ai jamais oublié ton cœur si grand,

une zone sans danger

un horizon où finir

un abri à l’abri,

une terre où mourir

amiti_

Posté par AMBRENEIGE à 05:02 - F. - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 décembre 2006

tu me manques

bougie1C’est l’heure où la musique prend une autre dimension, c’est l’heure où le silence parle.. Il me raconte des images de toi, des senteurs oubliées, la caresse de ta bouche au creux de ma main.. Et je me demande comment tu vas, où tu es, ce que tu vois, je me demande si tu es bien, heureux, paisible, je cherche des mots à t’offrir, des tendresses à te donner, et j’ai l’impression que rien ne traduit ce que je voudrais exprimer..

Tu vois, il y a certains moments où les sensations ressurgissent, et ces moments là je ne peux rien faire d’autre que ressentir, alors je les laisse défiler tout doucement, la première qui vient toujours c’est toi avec ton sourire, et puis toutes les autres comme autant d’étoiles au ciel……j’aime regarder les étoiles, j’ai confiance en elles..

Ami d’avant, tu m’as offert ce que bien peu de personnes arrivent à me donner, tu m’as offert l’intensité.. J’aime avoir au-dedans de moi des choses que je sais que je n’oublierai pas, des choses qui me transforment et me font avancer, comme se transformait ma main quand je la glissais dans la tienne..

Tu savais me faire rire et me faire pleurer, tu me faisais du mal et tu me faisais du bien, tu m’aidais à grandir très très vite et aussi à redevenir petite,

Et ce soir, ben, heu, ben………

Ce soir, tu me manques tu sais

J’ai envie de te revoir, de te serrer,

Boire un pot avec toi et que tu me parles

Marcher à tes côtés et que tu me racontes

Le toi que j’ai perdu de vue

Le nous qu’on a laissé tomber

J’ai envie de voir tes yeux

Et ta bouche lorsque tu ris !

ce soir, ya encore un morceau de mon cœur avec rien que toi dedans

Posté par AMBRENEIGE à 20:24 - F. - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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