NAD RE-DÉBLOG

du fouillis plein la tête

24 avril 2008

PROVINS

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ballade à la ferme

Je vous propose une balade à la ferme pédagogique de St Hilliers, située au cœur de la Brie champenoise.

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Nollan pas trop tranquille, quand même..

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tu veux ma photo ??

heu, ben oui..

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Killian attaqué ..

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hmmmmmm, c'est bon le lait de chèvre !

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c'est pas l'avis de tout le monde....!

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.......beurrrrrrrrrk !!...

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pour le ptit dernier, c'est pas son problème, lui il a le lait de sa mère !

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Nollan n'a décidément pas apprécié le lait de chèvre..

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22 avril 2008

daleth (1)

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Ce matin, je me suis réveillée vivante - eh oui, il y a des tas de fois où on ne se réveille pas vivants - mais j’étais néanmoins déstabilisée par la conscience de l’immense solitude que je ressens depuis quelques temps. Çà fait mal, purée, comment vivre avec çà ???

À certains moments, j’en ai une conscience si aigüe que j’ai envie de hurler.

Une seule solution : lâche, nad, lâche prise, lâche.

Alors elle lâche, nad. De toutes façons c’est jamais elle qui gagne, parce que la vie est le maître.

C’est quoi ces âneries qu’on écrit sur la méditation ?

La paix, tout çà ? elle est où la paix ? le grand chambardement, je ne dis pas. Mais la paix ? les doutes, les larmes, et ce putain de mal de chien ?

Ya des moments où je voudrais ne m’être jamais zazen. Et tout en disant çà je sais très bien que c’est aussi idiot que de dire " je voudrais n’avoir jamais su marcher".

Çà va tellement vite pour moi que j’en ai le tournis.

Non pas que j’aie peur, non.

Je découvre quelque chose que Etty décrivait ainsi, (je cite de mémoire) "on est partout chez soi lorsque l’on porte tout en soi"

C’est une sensation ennivrante, une espèce d’élation totalement jouissive.

En même temps, je vis dans un paradoxe permanent. Chaque fois que je me crois "arrivée", je me rends compte que tout est encore "à faire".

J’ai lu ya pas longtemps un truc super intéressant qui s’appelle "une spiritualité qui transforme ".

la 1ere chose que j’ai envie de dire, c’est,

s’agit il de se transformer, ou d’être ?

Et si je ne devais retenir qu’une chose, ce serait, - bien que pour moi, le mot " éveil" ne veut "rien" dire : " le désir d’éveil n’est en fait que la tendance avide de l’ego de tout saisir. Ainsi c’est la recherche même qui nous empêche de le vivre "

Oui : " tout est ati ".

Alors maintenant, je vais vous dire un truc :

Tout ce qu’on raconte sur la méditation c’est du patati patata. Aujourd’hui, je suis en mesure de témoigner (ce qui prouve que j’avais raison de me méfier)

pour moi

méditer c’est prendre le large sur une mer en furie,

méditer c’est me sentir à l’étroit en dedans,

méditer c’est me jeter dans le vide sans filet,

méditer, c’est n’être pas mais naître tous les jours

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daleth (2)

L’autre fois j’avais le cœur tellement en larmes que je pleurais dans le train, ben oui je suis comme çà, quand je suis triste je pleure même si c’est dehors, ya qu’enlever mes lunettes que je ne fais pas devant n’importe qui, et donc voilà, je pleurais, et à chaque station les gens qui montaient dans le train me regardaient et vite vite détournaient la tête, des fois que le chagrin s’attrape, purée mais yen a pas un qui va me serrer dans ses bras?

çà me rappelle une fois, ya longtemps, j’attendais mon fils à la sortie de l’école primaire et je vois une femme que je ne connaissais pas, elle pleurait sans bruit, pour ne pas déranger, elle se cachait des autres mamans, elle avait le visage tourné vers le mur, je me suis approchée et tout doucement je lui ai demandé si je pouvais l’aider, et j’ai vu ses larmes gonfler, comme si elles n’attendaient que ce droit à la parole, et aussi bas que le ton de ma voix elle m’a dit que son petit garçon venait de mourir, et qu’elle venait voir la maîtresse, pour qu’elle lui parle de lui, qu’elle lui raconte ses écritures, ses dessins, ses bêtises peut être, et j’ai pris cette maman dans mes bras, et je l’ai serrée très fort, et elle a pleuré comme çà un petit moment sur mon cou, et en repensant à elle je me suis arrêté net de pleurer, parce que mon fils à moi est vivant, et que je ne vois vraiment pas ce qui est plus important que la vie.

Oui donc, où en étais je.

Ce que je voulais vous dire, c’est que ressentir les choses, c’est totalement insuffisant. (et là, je fais un clin d’œil à Ariaga, elle le vieux barbu qui sait mettre mes ressentis en "formes")

En fait, je me sens comme Helen Keller.

Oui, parce que si lire Etty marque durablement mes vieux jours, Helen a laissé une indélébilempreinte en mes jeunes années. L’histoire de sa vie que j’ai lue lorsque j’avais 14 ans m‘avait touchée au point qu' à cette époque j’ai appris l’alphabet des sourds muets.

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daleth (3)

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Helen était sourde, muette et aveugle. Dans la prison dans laquelle était enfermé son esprit, elle sentait confusément que quelque chose de fantastique était à sa portée mais elle ne pouvait ni se le demander à elle-même ni communiquer avec les autres.

Avant, je vivais comme Helen : sourde, muette et aveugle. C’est une illusion de croire qu’il suffit d’avoir des yeux pour voir. Je restais dans le familier, quand bien même c’était de la souffrance, car çà me rassurait. Parfois, il est vrai, une sensation fugitive m’indiquait que je passais à côté de quelque chose d’important. Dans ces moments là, je rentrais dans des colères terribles. Mais elles étaient stériles, puisque j’étais d‘une certaine manière handicapée de la communication.

La chose la plus importante que je viens de comprendre, c’est que çà ne sert à rien de pouvoir parler si on ne sait pas PARLER AUX AUTRES ET FORMULER DES DEMANDES

La 2e chose (paradoxale) qui m’est apparue c’est que

on ne peut se rencontrer soi que seul

mais toutefois, on ne peut pas se rencontrer soi tout seul.

Et là je ne veux certainement pas parler d’un gourou ou d’un truc comme çà.

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Je parle de l’Autre, ou pour mieux dire, d’une altérité comme le fut Julius Spier pour Etty ou Ann lorsqu’elle donna à Helen Keller les outils qui lui permettraient de sortir de l’obscurité. Car de la même manière que les mollusques bâtissent leur coquille à l’aide d’ éléments qu’ils puisent dans la mer, de même l’esprit prend sa nourriture autour de lui, dans le partage et grâce à la communication et c’ est ce qui lui permet de se transformer.

Posté par AMBRENEIGE à 06:04 - dans ma tête - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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La vie d’Helen Keller est une magnifique leçon de zénitude.

Elle était Américaine, née au début du XIXe siècle. Toute petite elle a eu une maladie qu’on a qualifié à l’époque de « fièvre cérébrale » qui l’a laissée aveugle, sourde et muette. Ses parents, complètement démunis devant tous ces handicaps et ne sachant pas comment communiquer avec elle, la laissaient grandir comme un ptit animal sauvage. D’ailleurs en lisant des scènes de son enfance çà m’avait fait penser à celle de l’enfant sauvage de l’Aveyron, qui pourtant n’avait aucun des trois handicaps de Helen.

Par exemple, comme elle ne pouvait pas expliquer ce qu’elle voulait, elle se jetait par terre en trépignant jusqu’à ce qu’on devine ce qu’elle désirait. Beaucoup plus tard, elle qualifiera cette période de « no world » (non monde)

Tout le monde était bien démuni devant cette situation, et on pensait que la maladie l’avait rendue idiote. Cependant, ses parents contactèrent pour commencer un certain Docteur Bell, (oui oui, l’inventeur du téléphone) sur l’avis d’un ophtalmo qui n’avait rien pu faire pour les yeux d’Helen.

Mais Bell se révéla lui aussi impuissant et les orienta à son tour vers un certain Mr Anagnos qui venait de mettre au point un système pour communiquer en tapant dans la paume des mains pour épeler les mots.

C’est ainsi qu’un beau matin, Ann, qui avait appris ce système de communication, débarqua chez les Keller pour prendre Helen en main (dans tous les sens du terme ..)

« essayez d‘imaginer«  racontera Helen, « comment vous vous sentiriez si vous deveniez aveugle soudainement aujourd‘hui. Dans ce monde obscur, ne seriez-vous pas heureux si un ami vous prenait par la main et vous disait : ‘’ Viens avec moi et je t‘apprendrai comment faire certaines choses que tu faisais quand tu pouvais voir‘’? «

La suite, une histoire d’amitié exceptionnelle entre Helen et son professeur qui a duré toute leur vie.

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Bon, pour changer un peu, je ne vous cite pas Etty, mais Helen Keller.

Lorsqu’une porte du bonheur se ferme,

une autre s’ouvre,

mais parfois on observe si longtemps celle qui est fermée qu’on ne voit pas celle qui vient de s’ouvrir à nous.

HELEN KELLER

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Et si vous vous demandez pourquoi je vous mets cette photo, c’est parce que j’étais en train de relire la vie d’ Helen Keller, la tête dans les étoiles et les pieds dans le Luech.

« un cadeau dépourvu de la compassion et de l’intérêt de celui qui donne est un cadeau vide » HELEN KELLER

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10 avril 2008

je vous écris

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Depuis des mois, je me réveille avec ce que moi j’appelle le "chagrin", (je crois que Diane dirait "moton"), quelque chose d’ankysté que je portais en moi depuis toujours sans le savoir, un espèce de poison lent mais sûr, qui progressait inexorablement, et d’autant plus inexorablement que je le croyais mon allié.

Or le poison a quelque chose de très embêtant. Il empoisonne. Comme le non-dit d’ailleurs. On se tait toujours trop vite, on a peur d’ennuyer, on a honte de souffrir.

Ce matin, c’est le chant des oiseaux qui m’a réveillée.

Et ce chant, c’était le votre. A vous qui depuis des semaines et des semaines, écoutez mes doléances, partagez mes souffrances, vous qui me faites éclater de rire là où je n’éclate plus que de pleurer.

Alors ce chant, je vous le donne.

Oh bien sûr, j’aurais pu vous écrire en messagerie. Vous n‘êtes pas si nombreux, et quand bien même vous le seriez, je vous aurais écrit à l’un, et à l’autre, puis à l’une, puis à l’autre.

Parce qu’il faut que je vous dise quelque chose : j’ai un petit cœur.

Et même un petit cœur qui bat.

Il bat et se débat depuis ma naissance. Il se débattait déjà avec les motons de ma famille qui parlait pas.

Je suis allée rechercher les motons. Loin. Très loin. Sur plusieurs générations. J’ai voulu partager. Mais vous savez comment sont les gens, surtout les proches. Ils m’en ont fait cadeau. Tiens nad, nous on en veut pas, prends les. Cadeau.

Alors je me suis mise à ramer.

Dans une barque sans rames.

Et à écrire.

J’écris beaucoup. J’écris partout. J’écris tout le temps.

Vous, vous m’avez lue. Mais surtout, vous continuez à me lire. Même maintenant que je suis devenue lisible.

Alors votre présence qui donne à mon présent l’épaisseur simple d’un présent de plénitude, cette émotion je ne veux pas qu’elle se perde, je veux qu‘elle vous revienne puisque vous l‘avez provoquée,

votre chant,

je vous le donne.

Voilà.

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07 avril 2008

comme un chaton

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(Diane) Quind j’vois Papa je n’peux jamais m’arrêter de l’imbrasser, je m’mets à l’imbrasser dix fois d’suite, l’autre fois je l’voyais lever un doigt, puis ensuite deux doigts puis ensuite trois doigts et à quelque part c’est sûr il était en train de compter les baisers que j’lui faisais ! si tu savais comme il a chingé depuis qu’il a eu son accident vasculaire, avint il appréciait pas de se voir vieillir, il avait les larmes aux yeux tandis que là, c’est encore lui, i a des souvenirs, il est pas végétal non plus c’est le même mais en tout doux, comme un ptit chaton qu’t’as invie de cajoler, de caresser, i est comme un infant totalemint dans le momint présint, alors bien sûr y se rappelle des choses, mais dins la minute qui suit il oublie il ne se préoccupe pas de demain, il vit au présint ! Des fois il va savoir quéque chose qui l’rind triste mais deux minutes après il est passé à autre chose, c’est vraimint vraimint l’momint présint ! Tu vois quind Maman était encore là c’était tellemint tellemint douloureux parce qu’elle avait tellemint conscience de son emprisonnement de sa déchéance, elle perdait pas la mémoire çà n’a pas d’allure mais elle n’pouvait plus parler elle n’entendait presque plus rien elle n’pouvait plus voir elle ne marchait plus mais elle aurait été déchirée de mourir en laissant Papa tout seul. Tu sais y étaient tellemint proches ces deux là, commint te dire. Maman, çà a toujours été celle qui fait croire que Papa était le pilier alors qu’in réalité Papa s’accotait sur elle, et puis ils faisaient un tellemint beau couple, alors quind Maman est tombée malade, elle savait qu’mon père ne pouvait pas vivre sans elle.

Elle était. Commint dire.

Elle était sa source de vie.

Mais quind elle a perdu ses capacités elle savait qu’elle ne pouvait pas le laisser. Elle savait qu'mon père ne pouvait pas vivre sins elle. Des fois, on allait les voir et on voyait que Papa tenait la main de Maman, c’était correct il lui donnait de l’attention. Quind il a eu son accident vasculaire, tu vois tsu il pouvait passer la journée entière sans donner de l’attintion à Maman, c’est comme si. C’est comme si i avait coupé le lien intre les deux, c’est à partir de ce momint là que Papa venait de mourir dans la tête de Maman, tu comprinds elle voulait tellemint tellemint le protéger, le besoin de protection qu’ils avaient l’un envers l’autre c’est ce qui retenait Maman de mourir, et quand Papa a eu son accidint vasculaire, quind elle a compris qu’il n’avait plus besoin d’elle Maman a su qu‘elle pouvait mourir en paix.

Posté par AMBRENEIGE à 06:00 - ensemble - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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