18 septembre 2007
pause
Notre vie se mesure,
non pas à notre nombre de respirations,
mais aux moments qui nous ont coupé le souffle.
17 septembre 2007
mes larmes de Barbesse
Je me promenais sans me méfier sur le blog de Sylvie la yourtière lorsque je tombais à l’orée d’une forêt de mots bruissants, des mots qui coulent, ondulent sous vos yeux, une rivière, une cascade, une eau vive, vive, une eau vive ses mots, je m’y nois, allez y, c’est trop beau (dixit la nounoune). Il y a ce moment ou enfin, on retrouve ses clefs et ses lunettes et qu'on peut lâcher ses béquilles. Il y a cette idée fixe pour laquelle on se bat,
et qui souvent ne débouche sur rien,
Tout ce sur quoi on s'est fixé et n'a donné que des regrets,
Il y a ce qu'on a jeté, qu'on aurait du garder et dont on ne peut plus faire qu'un poème un peu triste. et tout ce s'effiloche au fond d'un tiroir, Et il y a surtout ce qu'on ne cherche pas mais qui se présente à soi, ce qu'on trouve sur son chemin alors qu'on pense à autre chose, qu'on va ailleurs ou dans du prévu qui roule tout seul, ces petits trésors batifolants qui s'imposent à nous par mille voies détournées au cours d'une balade, d'une course, et dont on ne sait pas quoi faire On les glisse dans sa poche pour les ramener chez soi, et là, on les enfile en guirlande pour les suspendre devant sa fenêtre Et il y a ce qu'on ne trouve jamais, qu'on piste désespérement, qui manquera toujours.. © Sylvie la yourtière
13 septembre 2007
ce soir
Il n’y a pas de bruit dans le logement quand je rentre. Je suis vraiment vidée ! la journée a été particulièrement pénible et je n’aspire qu’à une chose, disparaitre.. Dans l’eau crémeuse de la baignoire.
Je commence par mettre un disque de Sade que j’aime beaucoup, et l’espace se remplit de musique. Dans la salle de bains, j’allume les bougies au néroli. Les astroemerias commencent à se faner dans leur vase.
L’eau libérée par les robinets coule à grands flots, j’y verse du lait de vanille, et puis je ferme les yeux pour me laisser porter par toutes ces odeurs mélangées. Les fragrances me tournent la tête à la perfection, elles restent pour moi la chose la plus sensuelle du monde. Demandez à mon ventre.
Quand j’étais petite, j’enfouissais mon nez dans les oreillers pour retrouver l’odeur de ma petite sœur, j‘enroulais mes cheveux autour de mes doigts pour les renifler. Maintenant, c’est dans les vêtements de mon homme que je m’enroule, ce sont les draps que je renifle après l’amour….. Le désir, la sueur, les peaux qui se frottent sentent si bon ! Les odeurs sont bien plus bavardes qu’une photo !!!!
Le miroir me renvoie l’image d’une femme alanguie qui commence à se déshabiller lentement. En quelques mouvements, tous mes vêtements glissent jusqu’au sol, inanimés.
La femme dans le miroir regarde son corps, ce corps qui l’accompagne depuis une cinquantaine d’années, ce corps qui frissonne, qui dit que la musique l’engourdit et le rend aussi souple qu’un peuplier agité par une brise nonchalante,
cette femme qui pousse un long soupir,les paupières closes, les mains fermées sur sa poitrine,
elle ondule voluptueusement des hanches,
quand brusquement, autour d’elle tout bouge, tout se dérobe, le charme était un piège, la beauté un traquenard, l’effet conjugué de la musique et des mois qui viennent de s’écouler lui gonfle les paupières,
et elle qui n’a jamais su se garder de l’émotion, se protéger du ressentir,
elle pleure,
ses larmes glissent lentement jusqu’à la jointure de ses lèvres
faisant des sillons tièdes sur ses joues
elle pleure
de plus en plus grosses, de plus en plus lourdes, les larmes roulent
des larmes accrochées aux cils comme ses doigts autrefois à la jupe de sa mère,
elle pleure,
peut être que çà ne s’arrêtera jamais ?
ce serait trop facile
il faut savoir dans la vie trouver de la grâce aux orties .....




