03 avril 2008
elles
Çà commence par une prise de pouvoir.
Elle n’y voit que du feu. Il la contrôle, petit à petit, sur sa façon de s’habiller, de ne pas plaire, as tu besoin de te dandiner comme çà lorsque tu danses ? devant cet homme en plus, qui ne te quittait pas des yeux ? et ce rouge à lèvres, enlève-le, frotte, j’ai pas envie qu’on croit que je sors avec une pétasse ! et c’est quoi cette façon de t’habiller ? ta jupe est trop courte, c’est pas de ton âge, et puis tu vas attraper froid, maintenant pour sortir tu mettras un manteau long. Mon dieu, comme il est attentionné !
Elle avait bien quelques amis, quelquefois même elle les voyait, mais à quoi rime de lui mentir ? que dire ? que taire ? pour qu'il se mette encore en colère !!! " Fais couler le bain que je ne t’entende pas téléphoner à ta copine !! d'ailleurs quel besoin t'as de téléphoner, je ne te suffis pas ? " Allez, plus besoin de téléphone, coup de ciseau sur le cordon. Il veut me protéger, c’est sûr, il m’aime tellement ! De toutes façons les amis à quoi çà sert ? Elle les croyait indispensables, elle en faisait toute une affaire, mais il a bien raison, on peut bien vivre sans.
c’est comme sa vie d’avant, qu’est-ce que çà peut faire sa vie d’avant puisqu’elle était sans lui ? rien que pour lui, maintenant, la douceur de sa peau entre ses mains. Regarde, on n’est pas plus heureux comme çà ?
Privée de soleils elle se desséche, de toutes façons il a raison, elle est tellement nulle,
et même, ce qui t’arrive c‘est bien ta faute, regarde ce que tu fais de lui, tu le détruis, tu le rends fou, tu crois qu‘il fait çà pour son plaisir ? T’as pas honte de le persécuter ainsi ? Après tout ce qu’il a fait pour toi !!!!
Regarde ce que t’étais quand il t’a rencontrée, une moins que rien, plus bas que terre..
C‘est TOI qui le rends à cette extrêmité! Assume un peu le choix que tu n‘as jamais fait !
Mais toi bien sûr tu ne dis rien.
Qu’est-ce que tu dis ? il est violent ? Mais tu es folle ! As-tu perdu tout discernement ? Il est pas violent il est charmant.
CHAR-MANT. C’est ce que diront tous les gens.
Mais toi tu n’es qu’une pauvre folle . Une hystérique. Bien sûr, c’est pas vraiment ta faute, avec le père que tu as eu…
Ah oui vraiment, il a raison, je mérite bien ce qui m’arrive. Et puis j’aime çà je suis maso. C’est formaté depuis longtemps.
Heureusement que les autres sont là, pour m’aider à y voir clair. "t’as jamais eu de caractère. T’as qu’à partir, c’est quand même pas dur. Mais t'es trop faible ma pauvre fille. Tu t’es toujours laissée trop faire. Tu n’as que ce que tu mérites."
Et puis ya ceux qui n’écoutent pas, ceux qu’elle dérange,
mais qu’est-ce que tu racontes ? Cet homme là, c’est une crème d’homme. Ma pauvre fille, t’es vraiment traumatisée, arrêtes de vivre dans le passé !
Et puis ya le médecin, qui hésite à faire des certificats, ou alors il le fait du bout des doigts,
un crime, çà ? Vous plaisantez, c’est juste un bleu çà va passer
Et puis ya les gendarmes,
anormal ?
inadmissible ?!
inacceptable ?!!!
Comme vous y allez !!! est-ce que vous ne l’auriez pas un peu cherché ?
Et puis ya les enfants, qui ont peur, mais après tout c’est mon papa…
Et puis ya toi, ta pire ennemie, qui adhère à tout ce qu’il dit.
Et c’est comme çà
que les femmes battues ne partent pas.
18 septembre 2007
pause
Notre vie se mesure,
non pas à notre nombre de respirations,
mais aux moments qui nous ont coupé le souffle.
17 septembre 2007
mes larmes de Barbesse
Je me promenais sans me méfier sur le blog de Sylvie la yourtière lorsque je tombais à l’orée d’une forêt de mots bruissants, des mots qui coulent, ondulent sous vos yeux, une rivière, une cascade, une eau vive, vive, une eau vive ses mots, je m’y nois, allez y, c’est trop beau (dixit la nounoune). Il y a ce moment ou enfin, on retrouve ses clefs et ses lunettes et qu'on peut lâcher ses béquilles. Il y a cette idée fixe pour laquelle on se bat,
et qui souvent ne débouche sur rien,
Tout ce sur quoi on s'est fixé et n'a donné que des regrets,
Il y a ce qu'on a jeté, qu'on aurait du garder et dont on ne peut plus faire qu'un poème un peu triste. et tout ce s'effiloche au fond d'un tiroir, Et il y a surtout ce qu'on ne cherche pas mais qui se présente à soi, ce qu'on trouve sur son chemin alors qu'on pense à autre chose, qu'on va ailleurs ou dans du prévu qui roule tout seul, ces petits trésors batifolants qui s'imposent à nous par mille voies détournées au cours d'une balade, d'une course, et dont on ne sait pas quoi faire On les glisse dans sa poche pour les ramener chez soi, et là, on les enfile en guirlande pour les suspendre devant sa fenêtre Et il y a ce qu'on ne trouve jamais, qu'on piste désespérement, qui manquera toujours.. © Sylvie la yourtière
13 septembre 2007
ce soir
Il n’y a pas de bruit dans le logement quand je rentre. Je suis vraiment vidée ! la journée a été particulièrement pénible et je n’aspire qu’à une chose, disparaitre.. Dans l’eau crémeuse de la baignoire.
Je commence par mettre un disque de Sade que j’aime beaucoup, et l’espace se remplit de musique. Dans la salle de bains, j’allume les bougies au néroli. Les astroemerias commencent à se faner dans leur vase.
L’eau libérée par les robinets coule à grands flots, j’y verse du lait de vanille, et puis je ferme les yeux pour me laisser porter par toutes ces odeurs mélangées. Les fragrances me tournent la tête à la perfection, elles restent pour moi la chose la plus sensuelle du monde. Demandez à mon ventre.
Quand j’étais petite, j’enfouissais mon nez dans les oreillers pour retrouver l’odeur de ma petite sœur, j‘enroulais mes cheveux autour de mes doigts pour les renifler. Maintenant, c’est dans les vêtements de mon homme que je m’enroule, ce sont les draps que je renifle après l’amour….. Le désir, la sueur, les peaux qui se frottent sentent si bon ! Les odeurs sont bien plus bavardes qu’une photo !!!!
Le miroir me renvoie l’image d’une femme alanguie qui commence à se déshabiller lentement. En quelques mouvements, tous mes vêtements glissent jusqu’au sol, inanimés.
La femme dans le miroir regarde son corps, ce corps qui l’accompagne depuis une cinquantaine d’années, ce corps qui frissonne, qui dit que la musique l’engourdit et le rend aussi souple qu’un peuplier agité par une brise nonchalante,
cette femme qui pousse un long soupir,les paupières closes, les mains fermées sur sa poitrine,
elle ondule voluptueusement des hanches,
quand brusquement, autour d’elle tout bouge, tout se dérobe, le charme était un piège, la beauté un traquenard, l’effet conjugué de la musique et des mois qui viennent de s’écouler lui gonfle les paupières,
et elle qui n’a jamais su se garder de l’émotion, se protéger du ressentir,
elle pleure,
ses larmes glissent lentement jusqu’à la jointure de ses lèvres
faisant des sillons tièdes sur ses joues
elle pleure
de plus en plus grosses, de plus en plus lourdes, les larmes roulent
des larmes accrochées aux cils comme ses doigts autrefois à la jupe de sa mère,
elle pleure,
peut être que çà ne s’arrêtera jamais ?
ce serait trop facile
il faut savoir dans la vie trouver de la grâce aux orties .....
29 août 2007
la plus grande chose du monde
Celui qui aime est patient, il sait attendre ; son cœur est largement ouvert aux autres. L’amour vrai n’est pas possessif, il ne cherche pas à accaparer, il est libre de toute envie, il ne connaît pas la jalousie. L’amour prend des égards et évite de blesser ou de scandaliser, il n’est pas dédaigneux. Quand on aime, on ne médite pas le mal et on ne le soupçonne pas chez les autres, si on subit des torts, on n’en garde pas rancune. Aimer, c’est faire confiance à l’autre et attendre le meilleur de lui, c’est espérer sans faiblir, sans jamais abandonner. C’est savoir tout porter, tout surmonter. 1 Corinthiens 13
23 août 2007
Etty
Dans ce monde saccagé, les chemins les plus courts d’un être à un autre sont des chemins intérieurs.
© Etty Hillesum
19 août 2007
j'aime tant vous lire ...
Il n’y a pas de besoins bons ou mauvais, honteux ou interdits…..il n’y a que des besoins différents, qui selon avec qui on se trouve, seront plus faciles ou difficiles à vivre. © Diane C'est l'amour qui génère la lumière, le reste n'est qu' EDF. © Philippe © photo de Philippe La certitude est la plus mortelle des armes. On ne tue jamais dans le doute. © Dicky Rompre parce que ce n’est plus pareil, c’est comme abattre un arbre qui a perdu ses feuilles en hiver en oubliant que le printemps existe. Mieux vaut se dire : « La situation n’est pas favorable en ce moment. » Cet artifice permet de s’éloigner pour réfléchir ou se protéger, sans tout casser. Et d’ouvrir la voie à l’avenir. Rien n’est définitivement écrit entre un garçon et une fille, entre un homme et une femme. A condition de ne pas s’enfermer dans des schémas, et de croire en soi.
09 août 2007
Une langue douce est un arbre de vie.
Proverbes 15.4
les mots sont des caresses
Pour moi tu n’aurais pas de nom, pas plus de nom que le ciel.
Et je te porterais en moi, présence sans nom, et je te ferais surgir et te transmettrais quelques gestes affectueux et tendres que j’ignorais naguère encore. Tout se passerait quelque part au-dedans de moi,
là où il y a de vastes haut-plateaux sans temps ni frontières,
et tout se passerait là.
Et me revoilà parcourant les rues et les forêts.
Comme je les ai prises souvent, et souvent avec toi, plongée dans un dialogue toujours fructueux et passionnant.
Et comme je les prendrai souvent encore, où que je sois au monde, en sillonnant les hauts plateaux intérieurs, où se déroule ma vraie vie.
Je continuerais à vivre avec cette part de toi qui a vie éternelle et je ramènerais à la vie ce qui, chez les vivants, est déjà mort : ainsi n’y aurait-t-il plus que la vie, une grande vie universelle.
je me suis autorisée à plagier quelques mots écrits par Etty et à les adapter à mon émotion de ce matin
06 août 2007
Etty
Le grand obstacle, c’est toujours la représentation et non la réalité. La réalité, on la prend en charge avec toute la souffrance, toutes les difficultés qui s’y attachent - on la prend en charge, on la hisse sur ses épaules et c’est en la portant que l’on accroît son endurance. Mais la représentation de la souffrance - qui n’est pas la souffrance, car celle-ci est féconde, et peut vous rendre la vie précieuse - il faut la briser. Et en brisant ces représentations qui emprisonnent la vie derrière leurs grilles, on libère en soi-même la vie réelle avec toutes ses forces, et l’on devient capable de supporter la souffrance réelle, dans sa propre vie et dans celle de l’humanité. © Etty Hillesum
N’existe-t-il pas d’autres réalités que celle qui s’offre à nous dans les conversations irréfléchies des gens affolés ? Il y a aussi la réalité de ce petit cyclamen rose indien et celle du vaste horizon que l’on finit toujours par découvrir au-delà du tumulte et des chaos..
















